handicap, dépendance, grand, age, lutte

Parce qu'il n'y a parfois plus d'autres alternatives, que celles de lutter.

Bien sûr que nous ne sommes pas « faciles » à regarder, nous les voyons les regards plein de geine, ou pire, ceux qui se détournent, mais si nous désirons aujourd’hui sortir de l’ombre, c’est pour dénoncer le sort qui nous est fait, logement, soins, accompagnement, et vous alerter sur le fait que, seul notre survie est prise en compte (mais dans quelles condition !) et que dans notre quotidien, il n’y a plus de VIE…juste l’attente de mourir.

Le projet de loi relatif à L'évolution du logement et à l'aménagement numérique, dit "ELAN", dans son article 18, votés par l'assemblée nationales, réduit de 90% la production de logement accessible, neufs, en RDC, ou desservis par un ascenseur, immédiatement habitables sans travaux, pour personne en situation de handicap.
Nous avons, comme tous, de la famille, des amis, l’envi d’aller boire un verre au troquet d’en face, de faire la fête pour l’anniversaire d’un pote, ou juste aller manger en famille…mais si, 100% des logements, des lieux publiques, des cafés/restau/commerces/boutique/ salle de concert/ endroits festifs…. Ne sont pas « accessibles » alors, nos envies deviennent angoisses, solitude, dépression, désociabilisassions, …. Famille, amis,  viennent s’ils peuvent, là ou nous sommes, pour une heure ou deux .... Juste pas de relation familiale, ou peu, de repas de famille, de noël, d’anniversaire, de sortie, de vacances, de potes…. Mais messieurs-dames les puissants arrêtez l’hypocrisie !! et acceptez l’euthanasie, ce sera plus digne, plus acceptable, plus HUMAIN. 

Le 19 juillet, le sénat a limité ce recul à 70%, députés et sénateurs se sont ensuite entendus, pour un pourcentage de 20% de logement accessible.
Des centaines d'appels à l'aide sont recensés par le secteur associatif, les mairies, les pompiers parfois, qui sont alertés par des personnes confinées chez elles, des semaines durant, pour un ascenseur en panne, parfois des mois, des années dans certains endroits.

Moins de 800€ par mois, (Invalidité ou AAH) des revenus soumis à ceux du conjoint, et il nous faudrait vivre ??…se soigner, se loger, assumer les frais dit de « confort » mais si nécessaires à notre quotidien, les déremboursements, les PCH ne répondants plus aux besoins, les mois d’attente…. Et que dire de la situation des enfants en situation de handicap, de maladie, de l’impact sur la famille, le statut précaire des AVS, et leur nombre, plus qu’insuffisant, de la déscolarisation dans un pays ou l’école est OBLIGATOIRE et GRATUITE.

Où est donc ce "nouveau monde" promit ? le handicap ne devait-il pas être une priorité nationale ?


Les attaques sont pourtant nombreuses, violentes même, la situation se dégrade, les maltraitances institutionnelles se multiplient. Et nous sommes là acteurs et témoins impuissants.

Soignants, aidants, familles, personnes dépendantes, et handicapés, tous, témoignes, de cette situation devenue intolérable, ou seules existent, la gestion comptable et la rentabilité, ou "l'humain" à disparu, ou des sociétés privées garantissent plus de 30% de bénéfice à leur actionnaires, tout en recevant aides et subventions de l'Etat, ou des résidents (+ de 70% dans certain établissement) se retrouvent en situation de malnutrition, et se voit prescrire des compléments alimentaires, bien plus cher, mais remboursés par la CPAM, ou les couches sont comptées, ou les résidents sur « parqués devant la télévision, et après le repas, attendent parfois plus de 2 h devant les ascenseur qu’il soit possible de les remonter dans leur chambre, ou la douche, c’est au mieux….une fois par semaine, les dents quand ont peut, et pas matin midi et soir, que dire des appareils dentaires, qui provoquent lésions et infections, des atteintes à la dignité, au respect de la personne, des compressions de personnel que ne laisse de plage qu’à des gestes techniques fait à la « vas-vite ».
Que faire avec 4,32€ par résident, pour le petit déjeuner, le repas du midi, le gouter et le repas du soir…. Témoigne d’un « cuisinier » désespéré de devoir faire « avec »
Le constat est alarmant pour les interventions à domicile, ou là aussi, il n’est plus question que de faire les tâches lever, habiller, le repas, et zou, à ce soir !... le chrono en main pour ne pas dépasser le temps impartit, et en route vers un autre « bénéficiaire » ! parfois la journée commence (le lever) à 11h, 11h30 le repas, la mise au fauteuil, jusqu’au soir, soirée qui débute à 17h30, repas à 18h, coucher à 18h30 !..... Les nuits sont longues !!!!.... Et la vie ??... Elle est où ?!!??
Nous avons reçu des témoignages édifiants, de famille... qui ne permettent plus de fermer les yeux, de penser que les cas cités sont marginaux, non, c'est une politique de fond, qui s'applique partout, dans tous les secteurs liés aux Handicaps/la dépendance/au grand-âge.
Que dire de la prise en charge des enfants en situation de handicap, si les parents sont « modestes » c’est le plongeon dans la précarité, mais plus encore, la déscolarisation, l’épuisement. C’est toute la famille qui est touchée quand un membre est malade ou handicapé, et c’est tout l’environnement familial qui est impacté.
Le handicap, la maladie, la dépendance, ne serait-ce que le vieillissement c'est sur…ça va vous arriver, et quand ce sera le cas…. Vous ferez quoi ? que feront vos enfants, parents, sœurs, frères ? ...car nul doute que si aujourd'hui la situation est dramatique, elle sera encore pire demain.

Ne rien faire est, dans le cadre strict d’application de la loi, condamnable en vertu de la loi Article 225-4-1 relative La traite des êtres humains.

Le constat étant fait, refusant le fatalisme, nous avons décidé la création de cette association (loi 1901) pour nous rassembler, faire, et agir, ensemble, décidés à ne plus jamais accepter l’inacceptable.

A l’humain, quand celui-ci n’est plus en possibilité de travailler, quand une maladie, un handicap ne permet pas son intégration sans adaptation et aide, il est impossible d’opposer ne serait-ce que l’idée de profit ou de rentabilité, ce manque de budget, le déficit, la crise économique, pour de vieille pierre des millions sont trouvés en quelques heures, et pour « nous »  ? .... Rien ? pas de perspective d’avenir, et à la souffrance quotidienne de nos handicaps, maladies, vient s’ajouter celle de la précarité, l’angoisse de ne plus faire face, de sombrer et d’entrainer avec nous nos proches.

Si vraiment, ce gouvernement est désarmé, si l’économie est la seule valeur reconnue, il existe une solution, moins violente, plus digne, moins « coûteuse » et tellement plus humaine…l’euthanasie volontaire. Nous serions nombreux à être candidat.

 Fabienne Jouvet, présidente de « Faire et Agir ».